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Musique classique et opéra par Classissima

Jordi Savall

vendredi 22 septembre 2017


Carnets sur sol

30 août

Saison 2016-2017 : bilan de l'année concertante & grande remise des Putti d'incarnat

Carnets sur sol Voici juillet, le moment d'un retour sur une saison musicale bien remplie. 139 spectacles dans 69 lieux (dont 31 nouveaux) – 134 si je ne compte pas, ainsi que c'était l'usage, l'été. Ce sera aussi l'occasion de la grande remise annuelle de la récompense suprême pour tout artiste informé, le putto d'incarnat – qui est au diapason d'or ce qu'est la médaille olympique de lancer de poids à la compétition de pétanque de la félibrée. Seule la rédaction de Carnets sur sol, réunie en collège extraordinaire, est habilitée à le décerner, ce qui garantit la clairvoyance de son attribution, et l'absence absolue de collusion maligne. Hautement respecté, il se matérialise par un putto de van Dyck, remis directement à chaque lauréat sous forme d'un précieux carré de pixels. Au delà du jeu des breloques, c'est aussi et surtout l'occasion de mettre en valeur des œuvres, concerts ou interprètes qui n'ont pas toujours été très exposés. Il est vrai que le travail de recherche de ces concerts est un poste de dépense, en temps, assez considérable à lui seul ! En fin de saison 2015-2016, nous promettions : Nous songeons à louer une salle pour la cérémonie de l'an prochain, avec retransmission en mondiovision et partenariat avec Medici.tv. Kim Jong-eun a déjà proposé de prêter le Salon Kim Il-sung de l'aile Ouest du Mémorial du Juche, mais nous voudrions accueillir un public nombreux et cherchons une adresse un peu moins enclavée en transports (on travaille le lendemain). Toute proposition sérieuse acceptée. Pour de dérisoires questions de visa et d'anéantissement imminent du monde, le lieu de tenue de remise des prix sera le même que celui de l'an passé, ici même, chez vous. En vous remerciant chaleureusement de votre accueil. saison 2009-2010 (54 soirées), son bilan statistique , son bilan subjectif ; saison 2010-2011 (43 soirées), son bilan statistique , son bilan subjectif ; saison 2011-2012 (49 soirées), et ses bilans combinés . saison 2012-2013 (73 soirées) et ses bilans combinés . saison 2013-2014 (58 soirées) et ses bilans combinés saison 2014-2015 (69 soirées) et ses bilans combinés . saison 2015-2016 (101 soirées), ses bilans combinés et sa remise de prix . saison 2016-2017 (139 soirées) et ses bilans ci-présents. 1. Liste des spectacles vus Concerts, opéras, théâtre… En voici la liste, dans l'ordre de la saison. Beaucoup ont été commentés, et quelques-uns ont servi de présentation à une œuvre, un genre, une problématique transversale… Hors décompte : août 2016. Ordinairement non inclus dans les précédents relevés. a) Comédie Nation – Marivaux, Les Sincères (avec musique de scène a cappella) – collectif Les Sincères b) La Huchette – La Poupée sanglante, comédie musicale d'après G. Leroux Puis, de septembre à juin : 1. Philharmonie – Bruckner, Symphonie n°7 – Staatskapelle Berlin, Barenboim 2. Champs-Élysées – Tchaïkovski, Symphonie n°5 / R. Strauss, Vier letzte Lieder – Damrau, Bayerisches Staatsorchester, K. Petrenko 3. Maison de la Radio – Schmitt, Salomé / Ravel, Shéhérazade – d'Oustrac, National de France, Denève 4. Philharmonie – Schumann, Szenen aus Goethes Faust – H.-E. Müller, Staples, Gerhaher, Selig, Orchestre de Paris, Harding 5. Hôtel de Castries – Jazz vocal 6. Hôtel de Béhague – œuvres pour violon et piano d'Enescu, Bobescu… 7. Maison de la Radio – Poulenc, Les Biches / Milhaud, La Création du Monde – National de France, Denève 8. Châtelet – Faust I & II de Goethe – Ferbers, R. Wilson, Berliner Ensemble, Grönemeyer [notule ] 9. Garnier – Cavalli, Eliogabalo – García-Alarcón 10. La Commune – Kleist, Amphitryon – Sébastien Derrey 11. Louvre – programme Cœur du Poème Harmonique – Zaïcik, Le Levreur, Goubioud, Mauillon, Dumestre 12. Foyer de l'Âme – Motets de Charpentier, Pietkin… – Ensemble Athénaïs 13. Temple du Port-Royal – Haydn, Sept dernières Paroles pour clarinette d'époque, clarinette d'amour et cors de basset 14. Saint-Louis-en-l-Île – Programme Venise 1610 – Vox Luminis, Capriccio Stravagante, Skip Sempé 15. Opéra Royal – Saint-Saëns, Proserpine – Gens, M.-A. Henry, Antoun, Vidal, Foster-Williams, Teitgen, Müncher Rundfunkorchester, Schirmer 16. Champs-Élysées – Bellini, Norma – Caurier & Leiser, Rebeca Olvera, Bartoli, Norman Reinhardt, I Barrochisti, Gianluca Capuano 17. Opéra Royal – Salieri, Les Horaces – Wanroij, Bou, Talens Lyriques, Rousset 18. Champs-Élysées – Brahms, Deutsches Requiem – Collegium Vocale, Champs-Élysées, Herreweghe 19. Champs-Élysées – Verdi, Requiem – Santoni, Kolosova, Borras, D'Arcangelo, National de France, Rhorer 20. Philharmonie – Debussy, Faune / Debussy, Jeux / Stravinski, Sacre du Printemps – Nijinski restitué (ou réinventé), Les Siècles, Roth 21. Salle d'orgue du CNSM – Académie Européenne de Musique de Chambre (ECMA) – Trio Sōra dans Kagel, Quatuor Bergen dans Chostakovitch… 22. Salle d'orgue du CNSM – Académie Européenne de Musique de Chambre (ECMA) – Trio Zadig dans Schumann, Quatuor Akilone dans Chostakovitch… 23. Athénée (rénové) – Strindberg, Danse macabre (en italien) – Desplechin 24. Maison de la Radio – 20 ans de l'ADAMI – Barrabé, Duhamel, Scoffoni… 25. Sainte-Élisabeth-de-Hongrie – Messe d'Innocent Boutry – Le Vaisseau d'or, Robidoux 26. Gennevilliers – Hirata, Gens de Séoul 1909 (en japonais et coréen) 27. Maison de la Radio – Tchaïkovski, Symphonie n°6 / Sibelius, Symphonie n°2 – Phiharmonique de Radio-France, M. Franck 28. Gennevilliers – Hirata, Gens de Séoul 1919 (en japonais et coréen, avec chants coréens) 29. Amphi Cité de la Musique – Soutenance musicale de l'enseignement du violon en France au XIXe siècle – pièces pour violon et piano (d'époque) d'Hérold, Alkan et Godard 30. Bastille – Les Contes d'Hoffmann – Vargas, d'Oustrac, Jaho, Aldrich… 31. Salle d'orgue du CNSM – Hommage à Roland-Manuel : piano et mélodies – Cécile Madelin… 32. Théâtre 71 (Malakoff) – Lü Bu et Diao Chan (opéra chinois) – troupe agréée par le Ministère 33. Salle d'orgue du CNSM – Hommage à Puig-Roget : piano et mélodies – Edwin Fardini… 34. Hôtel de Soubise – Airs et canzoni de Kapsberger, Merula, Strozzi… – les Kapsber'girls 35. Abbesses – Goethe, Iphigénie en Tauride – Jean-Pierre Vincent 36. Maison de la Radio – Sibelius, Symphonie n°5 / Brahms, Concerto pour piano n°1 – Lugansky, National de France, Slobodeniuk 37. Maison de la Radio – Nielsen, Symphonie n°4 – Philharmonique de Radio-France, Vänskä 38. Philharmonie – Mendelssohn, Elias – Kleiter, A. Morel, Tritschler, Degout, Ensemble Pygmalion, Pichon 39. Salon Vinteuil du CNSM – Mahler, Kindertotenlieder (et présentation musicologique) – Edwin Fardini au chant 40. Salle Cortot – Beethoven, Quatuor n°7 – Quatuor Hanson 41. Athénée – Hahn, L'Île du Rêve – Dhénin, Tassou, Pancrazi, de Hys, Debois, Orchestre du festival Musiques au Pays de Pierre Loti, Masmondet 42. Philharmonie – Adams, El Niño – Joelle Harvey, Bubeck, N. Medley, Tines, LSO, Adams 43. Salle Turenne – Bertali, Lo Strage degl'Innocenti / Motets de Froberger – membres du CNSM (Madelin, Benos…) 44. Salle Dukas du CNSM – masterclass de Gabriel Le Magadure (violon II du Quatuor Ébène) – Trio de Chausson par le Trio Sōra 45. Champs-Élysées – Mozart, Don Giovanni – Braunschweig, Bou, Gleadow, Humes, le Cercle de l'Harmonie, Rhorer 46. Hôtel de Béhague – Mélodies orientalisantes (Louis Aubert, etc.) – Compagnie de L'Oiseleur 47. Bastille – Mascagni, Cavalleria Rusticana / Hindemith, Sancta Susanna – Martone, Garanča, Antonacci, Rizzi 48. Studio de la Philharmonie – Schumann, Märchenerählungen / Kurtág, Trio et Microludes – membres de l'EIC et de l'OP 49. Champs-Élysées – Haendel, The Messiah – Piau, Pichanik, Charlesworth, Gleadow, le Concert Spirituel, Niquet 50. Garnier – Gluck, Iphigénie en Tauride – Warlikowski, Gens, Barbeyrac, Dupuis, Billy 51. Temple du Luxembourg – André Bloch, Antigone / Brocéliande – Compagnie de L'Oiseleur 52. Philharmonie – Schumann, Das Paradies und die Peri – Karg, Goerne, OP, Harding 53. Châtelet – H. Warren, 42nd Street – G. Champion, troupe ad hoc 54. Auditorium Landowski du CRR de Paris – Audition de la classe de chant baroque 55. Salle d'art lyrique du CNSM – Schumann, Symphonie n°2 / Mozart, Concerto pour piano n°9 – Classe de direction 56. Salle d'orgue du CNSM – Vierne, cycle Les Angélus pour soprano et orgue – Harmonie Deschamps 57. Saint-Quentin-en-Yvelines – Sacchini, Chimène ou Le Cid – Le Concerto de la Loge Olympique, Chauvin 58. Auditorium Landowski du CRR de Paris – de Mendelssohn à Aboulker, chœurs oniriques d'enfants 59. L'Usine (Éragny) – Ibsen, Hedda Gabler – Paolo Taccardo 60. Studio 104 – Quatuors : n°4 Stenhammar, n°2 Szymanowski – Royal Quartet 61. Salle d'orgue du CNSM – Cours public sur le premier des Trois Chorals de Franck – M. Bouvard, Latry et leurs élèves 62. Philharmonie – Tchaïkovski, Symphonie n°5 – ONDIF, Mazzola 63. Auditorium Landowski du CRR de Paris – Sonates avec violon : Debussy, Ropartz n°2 – Stéphanie Moraly 64. Amphi de la Cité de la Musique – Schubert, Der Schwanengesang – Bauer, Immerseel 65. Cité de la Musique – Schumann, Liederkreis Op.24 – Gerhaher, Huber 66. Auditorium Landowski du CRR de Paris – Salomon, Médée et Jason, acte II 67. Athénée – Strindberg, Danse Macabre (en italien) – Desplechin 68. Champs-Élysées – Bizet, Carmen – Lemieux, Spyres, Bou, National de France, S. Young 69. Salle d'art lyrique du CNSM – Durey, Œuvres pour harmonie – Harmonie des Gardiens de la Paix 70. Champs-Élysées – Schubert, Die schöne Müllerin – Goerne, Andsnes 71. Bastille – Wagner, Lohengrin – Guth, M. Serafin, Schuster, Skelton, Konieczny, Ph. Jordan 72. Garnier – Mozart, Così fan tutte – Keersmaeker, Losier, Antoun, Sly, Szot 73. Temple du Luxembourg – Paladilhe, Le Passant – Compagnie de L'Oiseleur 74. Châtelet – Offenbach, Fantasio – Jolly, Philharmonique de Radio-France, Campellone 75. Temple de Pentemont – Motets de Campra et Bernier, Troisième Leçon de Couperin – Le Vaisseau d'or, Robidoux 76. Trianon de Paris – Lecocq, Le Petit Duc – Les Frivolités Parisiennes 77. Le Passage vers les Étoiles – Méhul, Stratonice – Les Emportés, Margollé 78. Studio-Théâtre du Carrousel du Louvre – Maeterlinck, Intérieur – comédiens-français 79. Temple du Saint-Esprit – Motets de Charpentier, Morin et Campra pour petits braillards – Pages du CMBV, musiciens du CRR de Paris, Schneebeli 80. Amphi de la Cité de la Musique – Chambre de Usvolskaya, mélodies de Vainberg, Chostakovitch, Prokofiev – Prudenskaya, Bashkirova 81. Salle d'art lyrique du CNSM – Cimarosa, Il Matrimonio segreto – H. Deschamps, Perbost, McGown, Rantoanina, Lanièce, Worms, Orchestre du CNSM 82. Salle des Concerts du Conservatoire – Haydn, Les Saisons dans la version de sa création française – Palais-Royal, Sarcos 83. Conservatoire de Puteaux – Chansons à boire de Moulinié et LULLY, poèmes de Saint-Amant – Cigana, Šašková, Il Festino, de Grange 84. Salle Maurice Fleuret du CNSM – Schmitt, La Tragédie de Salomé version originale – Orchestre du CNSM, étudiants de la classe de direction d'A. Altinoglu 85. Philharmonie – Mozart, Symphonie n°38 (et spectacle afférent) – Orchestre de Paris 86. Oratoire du Louvre – Vêpres de Monteverdi, Suite de danses de LULLY, Concerto grosso de Noël de Corelli, Soupers du comte d'Artois de Francœur – Collegium de l'OJIF 87. Champs-Élysées – Beethoven, Symphonies 1-4-7 – Orchestre des CÉ, Herreweghe 88. Philharmonie – Tchaïkovski, La Pucelle d'Orléans – Chœurs et Orchestre du Bolchoï, Sokhiev 89. Maison de la Radio – Nielsen, Symphonie n°2 – National de France, Storgårds 90. Odéon – T. Williams, Suddenly Last Summer – Braunschweig 91. Champs-Élysées – Berlioz, Nuits d'Été, Schönberg, 5 pièces, Schumann, Symphonie n°2 – Gerhaher, Jeunes Gustav Mahler, Harding 92. Bastille – Mendelssohn, A Midsummer Night's Dream, Ouvertures, Symphonie pour cordes n°9 – Balanchine, Orchestre de l'Opéra, Hewett 93. Salle d'orgue du CNSM – Concert lauréats Fondation de France : La Maison dans les Dunes de Dupont, Ophelia-Lieder de R. Strauss… 94. Champs-Élysées – Brahms, Vier ernste Gesänge et Deutsches Requiem – Orchestre des CÉ, Herreweghe 95. Oratoire du Louvre – Leçons de Ténèbres pour basse de Charpentier – MacLeod, Les Ambassadeurs, Kossenko 96. Philharmonie – Mahler, Wunderhorn ; Bruckner, Symphonie n°4 – Gubanova, D. Henschel, OPRF, Inbal 97. Conservatoire de Boulogne-Billancourt – Mendelssohn, Octuor ; Schönberg, Kammersymphonie n°2 ; Poulenc, Sinfonietta – OJIF, Molard 98. Salle Saint-Thomas d'Aquin – airs à une ou plusieurs parties de Lambert, Le Camus… – Š€ašková, Kusa, Il Festino, de Grange 99. Athénée – Maxwell Davies, The Lighthouse – Le Balcon 100. Hôtel de Soubise – Trios de Tchaïkovski et Chostakovitch (n°2) – Trio Zadig 101. Richelieu – Marivaux, Le Petit-Maître corrigé – Hervieu-Léger, comédiens-français 102. Salle Maurice Fleuret du CNSM – Spectacle théâtral et chanté autour de la domesticité – élèves de la classe d'E. Cordoliani 103. Favart – Marais, Alcione – L. Moaty, Concert des Nations, Savall 104. Hôtel de Soubise – Cantates de Clérambault et Montéclair – Zaičik, Taylor Consort 105. Menus-Plaisirs – Écosse baroque, concert de soutenance – Clémence Carry & Consort 106. Salle d'orgue du CNSM – Programme de lieder et mélodrames d'Eisler – classe d'accompagnement d'Erika Guiomar 107. Athénée – Rítsos, Ismène (musiques de scène d'Aperghis) – Marianne Pousseur 108. Saint-Germain-l'Auxerrois – Motets baroques portugais – ensemble Calisto 109. Salle Maurice Fleuret du CNSM – Pelléas, L'Étoile, Cendrillon de Massenet – classe d'ensembles vocaux (Bré, Lanièce…) 110. Salle d'orgue du CNSM – lieder de Schubert, Nuits Persanes de Saint-Saëns, Caplet – (Gourdy, Ratianarinaivo…) 111. Champs-Élysées – Les Pêcheurs de Perles de Bizet – Fuchs, Dubois, Sempey, National de Lille, A. Bloch 112. Champs-Élysées – Pelléas de Debussy – Ruf, Petibon, Bou, Ketelsen, Teitgen, National de France, Langrée 113. Bibliothèque Marmottan – L.-A. Piccinni, musiques de scène (La Tour de Nesle, Lucrèce Borgia) – conclusion du colloque sur la musique de scène en France 114. Bastille – Eugène Onéguine – Decker, Netrebko, Černoch, Mattei, Orchestre de l'Opéra, Gardner 115. Philharmonie – Aladdin de Nielsen, Sept Voiles, Shéhérazade de Ravel, Suite de L'Oiseau de feu – Capitole, Sokhiev 116. Cathédrale des Invalides – Jensen, Rheinberger, J.-B. Faure… mélodies et lieder commémoratifs de la Grande Guerre – classe d'accompagnement d'Anne Le Bozec 117. Philharmonie – Symphonie n°2 de Mahler – Orchestre de Paris, Harding 118. Saint-Saturnin d'Antony – Motets de Buxtehude, Telemann et Bernier – Françoise Masset 119. Saint-Louis de la Pitié-Salpêtrière – du Mage, Clérambault et pièces pour saxophone & orgue 120. Athénée – Déserts de Varèse et Dracula de Pierre Henry réarrangé avec instruments acoustiques – Le Balcon, M. Pascal 121. Salle Fauré du CRR de Paris – Études Latines de Hahn, Liebhabers Ständchen de Schumann… – étudiants du CRR 122. Champs-Élysées – Halévy, La Reine de Chypre – Gens, Droy, É. Dupuis, Chambre de Paris, Niquet 123. Bouffes-du-Nord – Lemoyne, Phèdre – Wanroij, Axentii, de Hys, Dolié, Loge Olympique, Chauvin 124. Favart – récital français en duo : Gluck, Chabrier, Bizet… – Arquez, Bou, Pordoy 125. Studio 104 – Motets de Guédron, Boësset, Constantin, Moulinié – Correspondances, Daucé 126. Maison du Danemark – Contes d'Andersen et leurs mises en musique – Françoise Masset (accompagnée sur guitares début XIXe) 127. Saint-Eustache – Funérailles de Purcell, Reger, Totentanz de Distler – Chœur de l'Orchestre de Paris, Sow 128. Sainte-Jeanne-de-Chantal – Haendel, The Ways of Zion Do Mourn – Le Palais-Royal, Sarcos 129. Favart – Saint-Saëns, Le Timbre d'argent – Devos, Montvidas, Christoyannis, Les Siècles, Roth 130. Temple de Passy – Chœurs de Bonis, Sibelius, Aboulker, Wennäkoski… – échange franco-finlandais de chœurs amateurs 131. Cité de la Musique – Gade, grande cantate Comala – Opéra de Rouen, Équilbey 132. Petit-Palais – Couperin et Bach (suite française) pour clavecin 133. Petit-Palais – Airs et duos de LULLY et Desmarest – Pancrazi, Debieuvre 134. Hôtel de Soubise – Quatuors de Beethoven n°7 et Debussy – Quatuor Akilone 135. Notre-Dame-du-Liban – Chœurs d'inspiration populaire de Saint-Saëns, d'Indy, Schmitt et Poulenc – Chœur Calligrammes 136. Salle des Fêtes de la Mairie du IVe arrondissement – Quintettes à vent de Debussy, Arnold, Barber, Ligeti – Chambre de Paris 137. Cour de Guise – Trios avec piano de Schubert n°2 et Ravel – Trio Zadig 138. Saint-Croix-des-Arméniens – Canzoni de Kapsberger, Strozzi, et Lamento della Pazza de Giramo – Kapsber'girls 139. Collégiale de Mantes-la-Jolie – Pièces pour orgue de Buxtehude, Mendelssohn, Franck et Vierne – Michel Reynard 2. Liste des spectacles non vus Ce pourrait paraître déraisonnablement rempli, et pourtant, il a fallu renoncer à quantité de spectacles qui paraissaient à peu près aussi appétissants (vie professionnelle ou personnelle, simultanéités de concerts, envie d'autre chose, tarifs, concerts complets, etc.) : → musique de chambre de Cartan & Lekeu, → les Cantates de Jacquet de La Guerre par La Rêveuse, → les chœurs de Franck et Daniel-Lesur, → le Philharmonia dirigé par Salonen (Beethoven 3, Sibelius 5), → les extraits des Éléments de Destouches, → Dichterliebe avec harpe, → Charpentier par les étudiants du Conservatoire de Palerme, → cours public de cor ou de direction, → trio de Gouvy par le Trio Sōra aux Bouffes-du-Nord, → le Second Trio de Mendelssohn par le Trio Sōra à Soubise, → le Trio de Tchaïkovski par le Trio Sōra à la cour de Guise, → le Trio de Chausson par le Trio Sōra au musée Henner puis à Villecerf (décidément !), → Leyla McCalla au violoncelle dans de la musique haïtienne, → Ariadne auf Naxos au CNSM, → la Neuvième de Mahler par Harding, → mélodies de L. Boulanger et Berkeley, → musique sacrée de Frémart-Bouzignac-Moulinié par Schneebeli, → Neuvième de Beethoven par le Philharmoniue de Bruxelles, → récital folk de Weyes, → Saint-Cécile de Chausson et le Septuor de Caplet à Notre-Dame, → Fidelio par la Chambre de Paris, → les monumentales variations de Rzewski sur El Pueblo unido salle Turenne, → les musiques de scène de Molière par Lombard, Dumora et Correas. → le Quinzième Quatuor de Beethoven par le Quatuor Arod, → Rameau par Kožená, → Hänsel und Gretel arrangé pour cuivres et récitant, → Musique pour cuivres et cordes de Hindemith par van Lauwe, → récital Desandre-Cochard, → trios de Chaminade et Bonis, → programme Guy Sacre et Boisgallais, → programme d'orgue Letton à la Maison de la Radio, → le Songe d'une Nuit d'Été de Thomas par la Compagnie de L'Oiseleur, → The Tempest Songbook de Saariaho par l'Orchestre Baroque de Finlande, → Les Aveugles de Maeterlinck à Vitry-sur-Seine, → Tafelmusik de Telemann au château d' Écouen, → Ce qui plaît aux hommes de Delibes par les Frivolités Parisiennes au Théâtre Trévise, → la BBC Wales dans Sibelius 5 à la Seine Musicale, → programme Lalo-Dukas-Ravel par Les SIècles, → Médée de Charpentier par Tafelmusik de Toronto et Pynkosky, → mélodies de Vierne, Podlowski et Koster par Lièvre-Picard, → Ascension de Messiaen et Widor 6 à Saint-Sulpice, → récital Louis Saladin et Salomone Rossi aux Menus-Plaisirs, → Musicalische Exequien de Schütz et motets de la familel Bach par Vox Luminis, → Lura dans de la musique du Cap-Vert à l'Espace Cardin, → grands motets de Lalande à Versailles, → demi-Winterreise de Bostridge & Drake au musée d'Orsay, → motets de Charpentier par La Chanterelle, → lieder de Weigl à la Maison de la Radio, → legs pédagogique du violoncelle français (Franchomme, etc.) au château d'Écouen, → Diva de Wainwright, → Cécile Madelin dans des extraits d'Atys au Petit-Palais, → Snegourotchka de Rimski-Korsakov à Bastille (la seule rareté de l'année à Bastille, hors le demi-Hindemith !), → récital d'opéra Meyerbeer-Février à la Philharmonie, → l'Yriade dans les Stances du Cid à Favart, → Il Signor Bruschino aux Champs-Élysées, → piano de Bizet, Saint-Saëns et Brahms par Oppitz, → « symphonie en si mineur » de Debussy à la Maison de la Radio, → récitals de mélodie Gens-Manoff, → Elisir d'amore avec Poulakis et Lanièce au Théâtre des Variétés, → spectacle Les Madelon (Fontenay-le-Fleuyr), → Dvořak 9 au piano solo par Mařatka, → La Double Inconstance de Marivaux à Richelieu, → madrigaux de Marenzio et Lejeune à la Bibliothèque de Versailles, → concert de la Fête de la Musique du Chœurs de l'Orchestre de Paris, → deux concerts de musique de chambre incluant Koechlin, au Conservatoire de Bourg-la-Reine, → pièces symphoniques de Nováček, Warlock et Delius par van Lauwe, → Rigoletto avec Grigolo et Lučić à Bastille, → Nozze di Figaro avec la Chambre de Paris → quatuors de Kodály, Bella et Tansman par le Quatuor Airis au Centre Culturel Tchèque, → Tableaux d'une exposition pour quintette à vent à Soubise, → Hippolyte de Garnier au Studio-Théâtre, → L'Écume des jours à la Huchette… → et bien d'autres. Certains font mal à relire, mais je n'avais pas toujours le choix (ni l'envie de vivre aussi reclus qu'en conclave, contrairement aux apparences les spectacles ne sont pas du tout mon activité prioritaire). Et je ne parle que de l'Île-de-France : on voit la difficulté pour donner, malgré tout, un avis global sur la saison. Il faudrait être beaucoup plus centré sur un répertoire précis, voire s'y mettre à plusieurs, or en cette matière comme en beaucoup d'autres, je ne suis que ma fantaisie… 3. Bilan général et comptes-rendus de concert La plupart de ces concerts ont été commentés, je n'ai pas la patience d'aller récupérer plus de cent liens, comme les autres années, mais ils se retrouvent facilement en entrant les mots-clefs dans la boîte de recherche à droite, ou, pour beaucoup, en regardant dans le chapitre « Saison 2016-2017 » (les notules les plus complètes ne sont pas classées là, mais il y a déjà une certaine masse à parcourir). En revanche, je commence la remise de prix par le plus important : les œuvres révélées, les plus beaux spectacles de la saison, les compagnies à suivre. 3a. Œuvres découvertes Je vous renvoie d'abord vers la notule-éditorial de la prochaine saison, qui énumère les nombreux opéras rares remontés cette saison (§B). Saison faste, donc. L'arrêt des Putti d'incarnat Découvertes en tragédie en musique : Médée et Jason de Salomon (CRR Paris), Chimène ou le Cid de Sacchini (Saint-Quentin / Massy / Herblay), Les Horaces de Salieri (Versailles), Phèdre de Lemoyne (Bouffes du Nord). Toutes belles. ♥♥ Médée et Jason de Salomon (acte II). Dans la deuxième école entre LULLY et Rameau, un bijou de déclamation, de belles couleurs harmoniques, sur un très beau poème. Une période qu'on donne très peu, un compositeur qu'on n'avait jamais remonté, c'est donc un réel événement très grisant. ♥♥ Chimène ou le Cid de Sacchini. Dans le domaine de la tragédie classique, le seul opéra de Sacchini à m'avoir séduit ; je n'en connaissais que des extraits, et l'ensemble est vraiment prenant, drame ramassé très adroitement (même si la langue du livret est très loin de l'intérêt de l'original), une très belle veine mélodique qui a ses parentés mozartiennes. (Il existe une notule détaillée avec extraits sonores .) ♥♥ Les Horaces de Salieri. Le moins bon des trois Salieri français (Les Danaïdes pour la noirceur, Tarare pour la hardiesse), mais néanmoins un très, très bel opéra, très original aussi (des « entractes » qui poursuivent et nourrissent l'action…). Découvertes en opéra romantique et postérieur : La Reine de Chypre d'Halévy (Champs-Élysées), Le Timbre d'argent de Saint-Saëns (Favart), Le Passant de Paladilhe (L'Oiseleur), Proserpine de Saint-Saëns (Versailles), La Pucelle d'Orléans de Tchaïkovski (Philharmonie), L'Île du Rêve de Hahn (Athénée), Brocéliande d'André Bloch (L'Oiseleur). Toutes convaincantes. ♥♥ Brocéliande d'André Bloch, la découverte lyrique de l'année : un livret parodique des contes de fées très facétieux (le plus réussi que j'aie vu dans le genre, par rapport à La Forêt bleue d'Aubert ou aux esquisses de Louÿs pour la Cendrelune de Debussy…), dans un langage quelque part entre les archaïsmes de la Cendrillon de Massenet et les irisations des opéras de Chausson et Debussy. Une petite merveille. ♥♥ La Reine de Chypre d'Halévy. Des actes très individualisés, la grande veine mélodique d'Halévy… une révélation, à la lecture je n'avais vraiment pas perçu que c'était possiblement son meilleur opéra (plus régulier que La Juive, et achevé contrairement à Noé). Là aussi, récemment consacré une petite notule à son aspect mélodique. ♥♥ Le Timbre d'argent de Saint-Saëns. L'Opéra-Comique avait dépensé beaucoup d'énergie à convaincre le public qu'il s'agissait d'un des meilleurs livrets du temps et d'une œuvre incompréhensiblement négligée. À l'écoute, assez compréhensiblement en réalité : quasiment pas d'airs, hors de petits moments de caractères, ni de mélodies marquants. Mais c'est aussi un véritable régal, un moment de théâtre musical pur, où la musique s'épanouit plutôt dans la variété des accompagnements orchestraux, tandis que les chanteurs portent surtout récitatifs et ariosos en traversant cette histoire terrible. Autres œuvres lyriques profanes : Les Saisons de Haydn en traduction française d'origine (Palais-Royal), Comala de Gade (Cité de la Musique), Antigone cantate du Prix de Rome d'André Bloch (L'Oiseleur), The Lighthouse opéra de chambre de P. Maxwell Davies (Athénée), Faust I & II (Ferbers-Grönemeyer au Châtelet) ♥♥ The Lighthouse de P. Maxwell Davies. À la fois opéra sur le mode fantastique et roman policier, une atmosphère mystérieuse qui ne se relâche jamais. Tout y est captivant : les caractères esquissés, les situations, la musique qui, sans être intrinsèquement belle, campe des climats incroyables (jusqu'aux chansons parfaitement tonales et simplissimes qui interrompent soudain le flux). ♥♥ Faust I & II de Goethe par Ferbers-Grönemeyer-Wilson. Un dépaysement et des associations incompatibles très stimulants et plutôt jubilatoires, malgré les longueurs. □ Celles de Gade et Bloch autres sont très belles aussi, l'une plus weberienne, l'autre plus masseneto-verdianisante. De pas trop fréquent, on a eu par ailleurs Alcione de Marais et El Niño d'Adams (j'ai manqué Snégourotchka, hélas), de belles œuvres qui gagnent encore à être essayées en vrai. En revanche un peu frustré par Sancta Susanna de Hindemith, dont la matière (très belle au disque et sur partition) ne s'épanouit par particulièrement en salle – et le livret est à la fois un peu chiche et provocateur pour être réellement intéressant. Pas tout à fait convaincu par Eliogabalo de Cavalli non plus, mais il est vrai que la distribution vocale laissait beaucoup à désirer, hors Mariana Flores dans un rôle secondaire… Musique sacrée rare : Lo Strage degl'Innocenti de Bertali (CNSM), Messe d'Innocent Boutry (Vaisseau d'or), Motet de Pietkin (Athénaïs), Motet de Morin (Pages du CMBV), Motet de Bernier (Masset), Motet de Bernier (Vaisseau d'or), Motet de Telemann (Masset), Motets portugais (La Calisto). ♥♥ Messe d'Innocent Boutry. Non seulement la documentation d'un territoire assez vierge (les messes françaises en province au XVIIe siècle, sujet passionnant sur lequel une notule est en préparation), mais une œuvre d'une force rhétorique remarquable, mêlant beautés archaïques, contrepoint raffiné (mais assez peu italianisé) et influences des nouveaux styles lyriques issus de l'opéra. (Le motet de Bernier proposé par le Vaisseau d'or était très beau aussi, mais la découverte n'est pas de même calibre.) Chœurs a cappella rares : Saint-Saëns (par Calligrammes), D'Indy (chants populaires par Calligrammes), Mel Bonis (chants sacrés, échange franco-finnois), Sibelius (chants profanes, échange franco-finnois), Schmitt (À contre-voix par Calligrammes), Distler (Totentanz, Chœur de l'Orchestre de Paris)… ♥♥ Sans hésiter, les chœurs folkloriques de Vincent d'Indy, une façon de fondre une matière très populaire et familière (À la pêche aux moules, La Fille au roi Louis…) dans un moule contrapuntique à la fois subtil et roboratif. Mais les Sibelius sélectionnés étaient superbes, et les Schmitt très réussis aussi (qui se fût figuré un Florent Schmitt avec de l'humour ?). Mélodies rares ou inédites : Saint-Saëns (deux fois les Nuits / Mélodies persanes !), Rheinberger (CNSM), Études Latines de Hahn (CRR Paris), Peterson-Berger (Masset), Jensen (CNSM), Vierne (H. Deschamps), J.-B. Faure, Aubert (Mélodies arabes), Mossolov (Prudenskaya), Roland-Manuel (Fardini), Eisler (classe E. Guiomar), Chostakovitch (Prudenskaya), Prokofiev (Prudenskaya), Vainberg (Prudenskaya), Puig-Roget (Madelin)… ♥♥ Les Angélus de Vierne. Rare cycle pour soprano et orgue, d'une grâce délicieuse, une des œuvres pas si nombreuses de Vierne à diffuser une lumière tranquille. ♥♥ Mélodies persanes et Nuits persanes (transcrit au piano) de Saint-Saëns (le second par Sahy Ratianarinaivo, le premier par un autre étudiant du CNSM). Deux états différents de la même matière, d'une rare qualité d'évocation, le sommet de la production mélodique de Saint-Saëns. Vient de paraître chez Aparté par Christoyannis et Cohen (assez inapprochables), il existe deux notules sur le sujet. ♥♥ Jean-Baptiste Faure, baryton et auteur de la mélodie Les Rameaux (extrêmement populaire au début du XXe siècle, multi-publiée et disponible dans tous les foyers un peu musiciens), a aussi écrit une mélodie évocant la défaite de 1870, avec le même langage direct et séduisant, une petite ironie triste en sus. Très belle découverte proposée due à Anne Le Bozec. ♥♥ Petites annonces de Mossolov. Texte absurde et musique étrange, toujours inventive, un petit cycle fascinant. ♥♥ Cycle d'Henriette Puig-Roget. Accompagnatrice de l'ombre, organiste pour Cluytens, H. Puig-Roget a aussi laissé de très jolies mélodies, très françaises et bien faites. ♥♥ De même, tout à fait dans la filiation de ses maîtres, mais plus tranquillement traditionnel, Roland-Manuel a écrit quelques mélodies réunies qui s'avèrent délicieuses. Musique symphonique rare : Nielsen 2 (ONF, Storgårds), Nielsen 4 (OPRF, Vänskä), Tragédie de Salomé de Schmitt (Denève-ONF pour la Suite, étudiants du CNSM pour l'intégralité de la version originale), œuvres pour orchestre d'harmonie de Louis Durey (hors le Prélude, vraiment pas fameux). ♥♥ Évidemment, pour la découverte émerveillée, la version complète de Salomé de Schmitt en salle, presque par hasard (peu de communication…), alors que j'étais déjà enchanté de pouvoir entendre la simple Suite en début de saison (où manquent plusieurs des plus beaux transitions et enchaînements). Avec vents par 1, contrairement à la version très étoffée de la Suite pour grand orchestre qu'en a ensuite tiré Schmitt. ♥♥ Et toujours ce faible particulier pour la Deuxième Symphonie de Nielsen, une de mes symphonies de chevet, mais beaucoup moins donnée que la (merveilleuse) quatrième. Musique de chambre rare : Les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix de Haydn pour clarinette d'amour et trois cors de basset (le disque vient de paraître il y a peu de jours), Sonate violon-piano d'Hérold, Sonate violon-piano d'Alkan, Sonate violon-piano de Godard, Trio de Chausson, Sonate violon-piano n°2 de Ropartz, Violon-piano d'Enescu, Violon-piano de Bobescu, Trio n°2 de Kagel. ♥♥ Révélation du Trio de Chausson en l'entendant en salle par le Trio Sōra tendu comme un arc… Les beautés m'en sont soudain révélées, et elles ne sont pas minces. ♥♥ Sonate violon-piano n°2 de Ropartz, complexe association pas toujours claire entre recherche formelle sinueuse et affleurements populaires. Même avec Stéphanie Moraly et partition en main, pas évident d'en saisir toute la portée (alors que ce n'était même pas une première écoute…), mais beaucoup de charme, tellement différent des pièces beaucoup plus symétriques, sévères ou sirupeuses du grand répertoire allemand qu'on entend habituellement. Très séduisant si l'on est sensible à la musique de chambre à la française, donc. ♥♥ Sonate violon-piano d'Alkan, et son voyage dans les profondeurs de l'Enfer… Totalement hors-sol pour l'époque, et passionnant, comme toute la musique de chambre d'Alkan (une poignée de pièces). Découvertes théâtrales : Les Sincères de Marivaux, Le Petit-Maître corrigé de Marivaux, Amphitryon de Kleist, La Tour de Nesle de Dumas, Intérieur de Maeterlinck, Danse macabre de Strindberg, Gens de Séoul 1909 d'Oriza Hirata, Gens de Séoul 1919 d'Oriza Hirata, Ismène de Rítsos, La Poupée sanglante de Chantelauze & Bailly. ♥♥ Gens de Séoul d'Oriza Hirata. Le second volet contient en plus des chants en coréen, mais dans les deux le sens du rythme, la façon de rendre la conversation quotidienne plus essentielle que les changements du monde, tout cela paraît tellement juste – ce n'est pas de la conversation triviale, vraiment du bon badinage, révélateur sans être cruel. Et des effets réellement drôles. Une des toutes plus belles pièces que j'aie vues, exactement sur le fil (subtil) de ma sensibilité (raffinée). Donné en japonais et coréen, avec toute la saveur propre des intonations de ces langues. Une notule existe sur le premier volet . ♥♥ La Poupée sanglante de Chantelauze & Bailly. Autre expérience jubilatoire, sur la minuscule scène de la Huchette, d'une inventivité débridée, des chansons piquantes, le tout débordant d'esprit. ♥♥ Le Petit-Maître corrigé de Marivaux, débordant de fraîcheur, du roman sentimental du début du XIXe mis dans un théâtre comique… Et une arche dramatique plus ambitieuse que la plupart des piècescélèbres de son auteur. Autrement, beaucoup aimé le beaucoup plus simple Les Sincères de Marivaux (surtout grâce à la belle réalisation des artistes), Intérieur de Maeterlinck (beau texte, même si totalement dynamité par la direction de Boudjenah), et tellement amusé par le grand-guignol de La Tour de Nesle de Dumas – au moment de faire assassiner son ennemi mortel, elle découvre qu'elle a de lui un fils (son ancien amant, tout va bien) qui est déjà mort dans son palais, et un jumeau qu'elle a déjà séduit et qui va se faire tuer par ses propres sicaires pendant qu'elle parle à son ennemi-amant qui devait en être la victime… ♠♠ En revanche, aussi vu quelques sinistres platitudes : Amphitryon de Kleist et Ismène de Rítsos, qui semblent avoir épousé la même illusé, à presque deux siècles de distance, que recopier les mythes grecs suffisait à produire du bon théâtre. Or : non. Et puis quelques classiques : Faust I & II de Goethe (coupé et mis en musique), Lucrèce Borgia d'Hugo (moins drôle que Nesle, mais la qualité rhétorique force l'admiration, bien sûr), Hedda Gabler d'Ibsen (un Ibsen un peu unidimensionnel à mon goût, mais j'étais content de le voir sans Ostermeier…), Soudain l'été dernier de T. Williams. Orgue rare : ♥♥ Réussi à voire une Suite complète du délicieux et très peu joué Pierre du Mage ! (il fallait pour cela guetter le programme de l'église de la Pitié-Salpêtrière…) 3b. Les plus beaux spectacles Je rendrai hommage aux interprètes plus loin, mais je me propose ici de rendre grâce aux plus beaux spectacles vus cette saison… Je ne puis hélas nommer tous ceux qui m'ont enthousiasmé. Au somment, sans doute du théâtre : Gens de Séoul d'Oriza Hirata. L'arrêt des Putti d'incarnat Meilleurs spectacles d'opéra en version scénique : ♥♥♥♥ Don Giovanni (Braunschweig, Rhorer). La force scénique, les irisation incroyables de l'orchestre. la perfection de la distribution. ♥♥♥♥ Pelléas et Mélisande (Ruf, Langrée). Exactement pareil. ♥♥ Norma (Caurier & Leiser, Capuano). Cette musique enfin bien servie sur instruments anciens, quelle jubilation ! Tout ce qui paraissait empesé, épais, nu, se met à cricrinner, pouêt-pouêter, à rebondir ! On a remplacé la vielle par le tambourin. ♥♥ Eugène Onéguine (Decker, Gardner). Certainement pas grâce à la mise en scène, même pas grâce à la distribution (excellente au demeurant)… simplement l'œuvre, et jouée comme cela à l'orchestre, irrésistibel. ♥♥ Le Timbre d'argent de Saint-Saëns (G. Vincent, Roth). Du théâtre musical à l'état pur, malgré une mise en scène assez peu inventive. Et un orchestre très détaillé, de superbes solistes, pas d'air qui vienne ralentir l'action… de la vraie nouveauté palpitante. ♥♥ Chimène ou Le Cid de Sacchini (Anglade, Chauvin). Très belle surprise que cet opéra en français assez mozartien, enfin un Sacchini convaincant, et à tous les étages de la production. ♥♥ The Lighthouse de Peter Maxwell Davies (Patiès, Nahon). Trépidant de bout en bout, et très différent. Meilleurs spectacles d'oratorio ou d'opéra en version de concert : ♥♥♥♥ Brocéliande (et Antigone !) d'André Bloch (L'Oiseleur). Comme dit ci-dessus, la découverte lyrique de l'année. Comme dit ci-après, plusieurs voix remarquables découvertes à cette occasion. Et accompagnement magnifique. ♥♥♥♥ Médée et Jason de Salomon, acte II (CRR Paris). Là aussi, beauté de la découverte déjà mentionnée, et très bien exécutée par les jeunes interprètes. ♥♥ La Reine de Chypre d'Halévy (OCP, Niquet). ♥♥ Les Horaces de Salieri (Rousset). ♥♥ Scènes de Faust de Schumann (Harding). Un des sommets de Schumann avec l'un des plus beaux chœurs du monde et le meilleur titulaire de tous les temps… ♥♥ La Pucelle d'Orléans de Tchaïkovski (Bolchoï, Sokhiev). ♥ Le Passant de Paladilhe (L'Oiseleur). Très belle découverte inattendue et très bien servie, ici encore. ♥ Les Pêcheurs de Perles (ON Lille, A. Bloch). Soirée ardente dans ce bijou qui enchaîne les moments ineffables sans interruption. ♥ El Niño d'Adams. ♥ Le Paradis et la Péri de Schumann (OP, Harding). Meilleurs concerts de musique sacrée (baroque) : ♥♥♥♥ Messe d'Innocent Boutry (Le Vaisseau d'or) ♥♥♥♥ Motets de Couperin, Campra et Bernier (Le Vaisseau d'or) ♥♥ Célébrations haendeliennes « The Ways of Zion Do Mourn » (Palais-Royal) ♥♥ Motets de Buxtehude, Bernier, Telemann (Masset) ♥♥ Venise 1610 (Capriccio Stravagante formation Renaissance) Meilleurs concerts de musique sacrée (hors baroque) : ♥♥♥♥ Ein deutsches Requiem de Brahms (OP, Hengelbrock). Lecture extrêmement intense et emportée, très inhabituelle (et réussie !). Meilleurs concerts a cappella : ♥♥♥♥ d'Indy et Schmitt (et Saint-Saëns et Poulenc) par Calligrammes. Programme démentiel, neuf, exaltant, et très bien réalité. Une des meilleures soirées de toute la saison. ♥♥ Chœurs de Bonis, Sibelius, Aboulker, Wennäkoski… (échange franco-finnois). Programme très bien choisi. ♥♥ Purcell, Reger, Distler (Chœur de l'Orchestre de Paris). Pour le Purcell particulièrement, mais la beauté et le potentiel de ce chœur sont miraculeux ! Meilleurs concerts symphoniques : ♥♥♥♥ Nielsen 2 (ONF-Storgårds) ♥♥♥♥ Schumann 2, Concerto n°9 de Mozart (lauréats du CNSM, classe de direction) ♥♥ Nielsen 4 (OPRF-Storgårds) ♥♥ Salomé de Schmitt, Concerto n°5 de Saint-Saëns (ONF, Denève) ♥♥ Mahler 2 (OP, Harding) ♥♥ Création du monde de Milhaud, Les Biches de Poulenc (ONF, Denève) ♥ Sibelius 5 (ONF-Storgårds) Meilleurs concerts chambristes: ♥♥♥♥ Chausson par le Trio Sōra. ♥♥♥♥ Tchaïkovski et Chostakovitch n°2 par le Trio Zadig. ♥♥♥♥ Ropartz et Debussy par Stéphanie Moraly. Meilleurs concerts baroques chambristes profanes : ♥♥♥♥ Programme Cœur du Poème Harmonique (avec Eva Zaïcik). ♥♥♥♥ Les Kapsber'girls (premier programme, avec L'onda che limpida et Fanciullo arciero) ♥♥♥♥ Nouveau programme d'airs de cour tous formats, par Il Festino (avec Dagmar Šašková) ♥♥♥♥ Programme In Taverna d'Il Festino (avec Dagmar Šašková) ♥♥ Cantates de Clérambault et Montéclair par le Taylor Consort et Eva Zaïcik Meilleurs concerts de mélodie française : ♥♥♥♥ Puig-Roget par Cécile Madelin ♥♥♥♥ Roland-Manuel par Edwin Fardini ♥♥♥♥ Nuits Persanes de Saint-Saëns par Sahy Ratianarinaivo ♥♥♥♥ Concert 1870 de la classe d'Anne Le Bozec Meilleurs concerts de lied : ♥♥♥♥ Schwanengesang par Bauer & Immerseel ♥♥ Extraits du Winterreise par Olivier Gourdy ♥♥ Concert 1870 de la classe d'Anne Le Bozec Meilleurs concerts d'autres mélodies : ♥♥ Mélodies danoises, suédoises, finlandaises, allemandes et françaises autour d'Andersen (Masset) ♥♥ Programme futuristo-soviétique Mossolov-Chostakovitch-Prokofiev-Vainberg (Prudenskaya) Ils sont nombreux parce que mon agenda était chargé, minutieusement choisi et l'offre francilienne quand même assez exceptionnelle. Il était difficile de ne pas nommer autant de réalisations remarquables et très différentes les unes des autres. 3c. Les meilleures compagnies Je voudrais aussi mentionner les meilleurs producteurs de spectacles, qui ont pris des risques et ont réussi. ♥♥ Le Conservatoire Supérieur (Porte de Pantin), qui m'a fourni toute l'année en programmes rarissimes, en quasi-premières mondiales, en interprètes excellents… le tout gratuitement et dans une atmosphère beaucoup moins solennelle que dans les grandes salles. ♥♥ La Compagnie de L'Oiseleur. Avec des moyens très limités, nous avons eu dernièrement des œuvres intégrales de : Thomas, C. de Grandval, Paladilhe, Massé, Berger, Hahn, A. Bloch ! Des récitals de piano du répertoire roumain. Des mélodies inspirées par l'Orient (dont les beaux Poèmes arabes du très négligé Aubert, l'auteur de La Forêt bleue, bel opéra, mais surtout célèbre pour sa Mauvaise prière, illustrée par Damia). En général très bien distribué et invariablement excellemment accompagné. ♥♥ Le Vaisseau d'or. Le seul ensemble, je crois, à ce point spécialisé dans la musique française sacrée du XVIIe siècle, avec beaucoup de nouveautés, et un sens de la rhétorique et de la danse qui ont peu d'exemples. ♥♥ Calligrammes. Chœur amateur, mais le programme donné cette fin de saison documentait un grand vide et ouvrait des mondes, merci à eux ! Et puis deux maisons, certes bien subventionnées, mais qui ont vraiment réussi leur saison : ♥♥ L'Opéra-Comique, qui ne joue quasiment rien du répertoire et recrée, saison après saison, celui qui a disparu. Quasiment à chaque fois de très belles œuvres, dans des mises en scène accessibles, et dans des genres très divers. Vraiment l'endroit où il faut emmener le bizuth. ♥♥ Le Théâtre des Champs-Élysées, qui a moins osé cette année, hors La Reine de Chypre, mais qui m'a offert la plupart de mes meilleures soirées lyriques : Don Giovanni, Norma et Pelléas comme je ne les avais jamais entendus, et des Pêcheurs de perles superbes. Cette saison sera de toute évidence moins exaltante, recentrée sur son cœur de répertoire (opéra italien XVIIIe-XIXe, opéra français romantique célèbre). J'ai aussi beaucoup apprécié, sur le plan de l'interprétation, les choix sans faute de Jeunes Talents. Pour le reste, vécu des expériences diversement agréables, mais je vais tout de même profiter de cette longue notule où leur nom se perdra sans doute pour tirer les oreilles à deux très grandes institutions. ♠♠ Radio-France. Sérieusement, Radio-France… Par où commencer ? L'accueil brutal au contrôle ? Le replacement forcé dans de moins bonnes places que celles achetées ? On ne demande même pas que la programmation soit lisible (deux orchestres qui jouent la même chose au même endroit à un jour d'écart, ça finira par coûter la vie à l'un des deux…) ou que la salle soit pleine (après tout ce sont d'abord les impôts de ceux qui n'écoutent pas de musique), simplement d'être toléré dans le lieu de façon un peu moins hostile, ça suffira pour commencer. (Par ailleurs, quelques friandises intéressantes la saison prochaine, j'espère que l'accueil s'améliorera en proportion.) ♠ L'Opéra de Paris. Avec tous ces sous, être incapable d'oser jouer autre chose que des scies, et disposer d'un (double !) orchestre qui fait semblant de jouer lorsqu'il n'aime pas la musique (c'est-à-dire à peu près à chaque fois qu'il est à Garnier…), c'est tout de même assez sinistre. Pour le reste, tout de même passé quelques bons moments (Onéguine, surtout), quand l'orchestre s'investit. -- Les interprètes vont être récompensés individuellement ci-après. 4. Statistiques 4a. Statistiques : lieux fréquentés Huitième saison francilienne, et cependant encore un assez respectable taux de renouvellement des salles : 139 soirées dans 69 lieux, dont 31 nouveaux (la saison passée, c'était 101-43-15). Ainsi, un soir sur deux dans un lieu différent, la moitié de ces lieux pour des expérimentations ! Les voici par ordre de fréquentation. En italique, les totaux. En gras, les salles visitées pour la première fois dans le cadre d'un concert. Conservatoires total : 28 CNSM total : 20 Philharmonie complète : 19 Philharmonie, grande salle : 13 Champs-Élysées : 13 Radio total : 10 CNSM, salle d'orgue : 9 Jeunes Talents total : 8 Opéra de Paris total : 8 Radio auditorium : 7 CRR total : 6 Athénée rénové : 5 Opéra Bastille : 5 Soubise total : 5 Hôtel de Soubise : 4 Auditorium Lankowski du CRR : 4 -- Favart rénové : 3 CNSM (salle d'art lyrique) : 3 CNSM (salle Fleuret) : 3 Amphi CiMu : 3 Palais Garnier : 3 Radio Studio 104 : 3 Châtelet : 3 Temple du Luxembourg : 2 CiMu : 2 Petit-Palais (avec Jeunes Talents) : 2 Opéra Royal de Versailles : 2 Salle Richelieu : 2 Oratoire du Louvre : 2 Hôtel de Béhague : 2 Théâtre de Gennevilliers : 2 -- Cour de Guise (Hôtel de Soubise) : 1 Cité Internationale des Arts : 1 Sainte-Élisabeth-du-Temple : 1 CNSM, salon Vinteuil : 1 Salle Cortot : 1 Salle de répétition de la Philharmonie (Studio) : 1 Bouffes-du-Nord : 1 Foyer de l'Âme : 1 Saint-Louis-en-l'Île : 1 Sainte-Élisabeth-du-Temple : 1 Saint-Eustache : 1 Théâtre des Abbesses : 1 CNSM (amphi de la Cité de la Musique) : 1 Saint-Louis-des-Invalides (avec CNSM) : 1 Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines : 1 Théâtre de l'Odéon : 1 Salle des Concerts du Conservatoire : 1 Saint-Saturnin d'Antony : 1 Notre-Dame-du-Liban : 1 Collégiale de Mantes-la-Jolie : 1 Le Passage vers les étoiles : 1 Temple du Port-Royal : 1 Temple de Pentemont : 1 Temple du Saint-Esprit (avec CRR) : 1 Temple de Passy : 1 Trianon Paris : 1 Comédie Nation : 1 Théâtre 71, Malakoff : 1 Théâtre de l'Usine, Éragny : 1 Salle Turenne (avec CNSM) : 1 CNSM, salle Dukas : 1 Auditorium du Louvre : 1 Chapelle Royale de Versailles (si, si) : 1 Théâtre-Studio du Carrousel : 1 Saint-Louis de la Pitié-Salpêtrière : 1 Salle Saint-Thomas d'Aquin : 1 Salle des Fêtes de la Mairie du IVe arrondissement : 1 Saint-Germain-l'Auxerrois : 1 Bibliothèque Marmottan : 1 Conservatoire de Boulogne-Billancourt : 1 Salle Fauré du CRR : 1 Conservatoire de Puteaux : 1 Maison du Danemark : 1 Sainte-Jeanne de Chantal : 1 Sainte-Croix des Arméniens : 1 Théâtre de la Commune, Aubervilliers : 1 Théâtre de La Huchette : 1 Hôtel de Castries : 1 Je vois avec plaisir le triomphe écrasant du CNSM et des conservatoires en général : des lieux où de jeunes musiciens déjà accomplis se jettent avec fougue dans leurs premiers vrais concerts, sur des chefs-d'œuvre encore frais au bout de leurs doigts… Et tout cela gratuit, assez tôt en soirée, donc consommable vraiment sans aucune forme de modération, je l'avoue. C'est en outre là où les programmes ont été les plus originaux (cycles de mélodies et piano de Puig-Roget, de Roland-Manuel, Les Angélus de Vierne, La Maison dans les dunes de Dupont, une soirée de mélodies et mélodrames d'Eisler… !). Il est amusant de constater que les Champs-Élysées varient totalement d'une année à l'autre (de presque rien à beaucoup comme cette année, et ce sera peu l'an prochain), et que les grandes salles perdent beaucoup en proportion malgré le grand nombre de soirs : je suis plus allé au CNSM que dans n'importe quel autre endroit, et plus dans la seule salle d'orgue que dans toutes les salles de l'Opéra de Paris ! De même, autant de déplacements à l'Athénée qu'à Bastille… Pour le reste, vous pourrez juger des lieux parfois exotiques (une salle paroissiale, une ambassade, un ministère)… Le 38 Riv' (programmation, mais aussi qualité variable des concerts) et musée d'Orsay ont totalement disparu (ça ne s'arrangera pas cette année, avec les prix exorbitants et les programmes intéressants tous le midi !). J'ai enfin découvert la Chapelle Royale (à l'occasion une messe avec prêche de soutien implicite à F. Fillon, en réalité), le Studio de la Comédie-Française, le Conservatoire de Boulogne et l'Auditorium du Louvre, lieux importants de la culture francilienne qui manquaient à mon tableau de chasse, ainsi que plusieurs maisons communales importantes (Malakoff, Éragny, Aubervilliers). 4b. Statistiques : genres écoutés Après avoir été détrôné pour la première fois par le symphonique, l'opéra revient en première place, mais d'assez peu, les proportions sont finalement assez équilibrées. La musique de chambre, à égalité du symphonique, n'a jamais été plus représentée (et c'est un vrai plaisir…). C'est même encore plus significatif pour lied & mélodie : si j'y intégrais les airs de cour comme les autres années, ce serait le second corpus de l'année après l'opéra… Malgré une saison plus instrumentale que d'ordinaire, la glottophilie demeure un poison puissant. Le théâtre gagne significativement, de 4 à 15 dates ! (les soirées supplémentaires se sont en effet souvent portées sur du théâtre) (Les sous-catégories ne sont pas forcément complètes.) Opéra : 31 (dont 22 scéniques, 9 en concert ; 18 français, 6 italiens, 3 russes, 2 allemands 1 anglais, 1 chinois ; 1 XVIIe italien, 5 tragédies en musique, 1 autre baroque, 8 classiques, 14 romantiques, 2 décadents, 1 contemporain, 1 wuju) Chambre : 26 (dont 8 trios avec piano, 6 quatuors, 4 violon-piano, 2 violoncelle-piano, 2 trios clarinette-piano, 2 sonates en trios, 2 clavecin solo, 1 quintette à cordes, 1 octuor 1 quatuor de clarinettes, 1 orgue et violon, 1 orgue et harpe, 1 harpe baroque, 1 4 mains, 1 quintette à vent) Symphonique : 25 (dont baroque 4, classique 2, moderne 3, nordique 3… recensement très incomplet) Lied & mélodie : 20 (dont allemand 13, français XIXe 6, français XXe 5, français XXIe I, russe vingtième III, espagnol 1, bokmål 1, danois 1, italien 1 ; orchestral 4) Théâtre : 15 (dont 1 Ibsen, dont 2 en japonais & coréen) Musique vocale sacrée : 12 (dont baroque allemand 2, baroque français 2, classique 2, XIXe français 2, XIXe italien 1, XIXe allemand II, XXe 1, XXIe 1) Airs de cour : 8 (dont français 6, italien 4, anglais 1) Oratorio 8 (dont allemand 6, anglais 3, français 1, espagnol 1, latin 1) Spectacle musical : 7 Récital d'opéra : 6 (2 baroques, 1 en spectacle, 3 français, 1 d'ensembles) Chœurs profanes : 5 (au moins, mal recensé celui-là… dont petits braillards 2, italien XVIIe 1, finlandais 1, français XXe 2) Orgue : 5 Ballet : 4 (dont 2 scéniques, 2 complets en concert) Cantates : 3 Comédie musicale : 3 Ciné-concert : 3 Poèmes, lectures : 3 Piano solo : 3 (dont 1 français XIXe, 1 français XXe, 1 russe XXe) Musique amplifiée : 2 Clavecin solo : 2 Improvisations : 1 Musique d'harmonie : 1 Chanson : 1 Jazz : 1 Conférence-concert 1 Cours public : 1 4c. Statistiques : époques musicales Comme les autres années, cela dit plus de l'offre effectivement disponible que de mes tropismes réels : si je pouvais me gaver de tragédies en musique fin XVIIe-début XVIIIe ou de quatuors du début du XIXe, je le ferais avec tout autant de plaisir qu'avec les périodes les plus représentées dans ce total. La répartition, peut-être un peu plus équilibrée cette année (du fait aussi du plus grand nombre de soirées dans l'échantillon ?), présente toujours ce même pic caractéristique XIXe2-XXe1. traditionnel : 2 XVIe2 : 2 XVIIe1 : 12 XVIIe2 : 15 XVIIIe1 : 15 XVIIIe2 : 20 XIXe1 : 31 XIXe2 : 48 XXe1 : 40 XXe2 : 26 XXIe : 18 4d. Statistiques : orchestres et ensembles 57 phalanges : 28 orchestres (8 découvertes), 29 ensembles spécialistes (13 découvertes). ORCHESTRES Orchestre National de France : 8 Orchestre de l'Opéra de Paris : 7 Orchestre de Paris : 4 (+ membres 1) -- Orchestre Philharmonique de Radio-France : 2 Les Siècles : 2 Orchestre des Étudiants du CNSM : 2 Le Concert de la Loge Olympique : 2 Orchestre des Champs-Élysées : 2 Orchestre du Palais-Royal : 2 -- Cercle de l'Harmonie : 1 I Barocchisti en formation romantique : 1 Ensemble Pygmalion en formation romantique : 1 Orchestre des Lauréats du CNSM : 1 Orchestre des Frivolités Parisiennes : 1 Orchestre du Festival Musiques au Pays de Pierre Loti : 1 Orchestre des Jeunes d'Île-de-France : 1 Orchestre de Chambre de Paris : 1 Orchestre National d'Île-de-France : 1 Orchestre National de Lille : 1 Orchestre de l'Opéra de Rouen : 1 Orchestre du Capitole de Toulouse : 1 Orchestre de la Radio de Munich : 1 London Symphony Orchestra : 1 Staatskapelle Berlin : 1 Bayerisches Staatsorchester (Opéra de Munich) : 1 Orchestre du Bolchoï : 1 Mahler Jugendesorchester : 1 Arrêt des Putti d'incarnat La décoration suprême sera décernée à quatre orchestres. ♥♥ Orchestre des Lauréats du CNSM dans la Deuxième Symphonie de Schumann (classe de direction). → Une ardeur incroyable, l'ivresse permanente, indépendamment même des lectures des jeunes chefs. ♥♥ Le Cercle de l'Harmonie dans Don Giovanni de Mozart (Rhorer). → Une explosion de couleurs, et sans les accents durs et systématiques qui ont pu être la marque de Rhorer par le passé. ♥♥ Orchestre National de France dans Pelléas et Mélisande de Debussy (Langrée). → Textures incroyables. L'un des tout plus beaux Pelléas que j'aie entendus. → Par ailleurs, une très belle saison : programmes français très ambitieux réussis (le Cinquième Concerto de Saint-Saëns ou Les Biches intégrales de Poulenc, notamment), des incursions nordiques remarquables (Sibelius 5 et sur

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29 août

Voyage entre Orient et Occident au festival de Sablé

Le Bailleul. Église Saint-Pierre. 23-VIII-2017. Jean-Féry Rebel (1666-1747) : Les caractères de la danse ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Suite TWV 55:B5 "Les Nations" ; Michel Corrette (1707-1795) : Concerto comique XXV ; François Couperin (1668-1733) : Huitième concert dans le goût théâtral. Ensemble Le Quadrige, direction et violon : Fiona-Emilie Poupard. Vion. Basilique Notre-Dame du Chêne. 23-VIII-2017. Jean-Marie Leclair (1697-1764) : Ouverture III pour deux violons et basse continue ; Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Armide, ouverture, récit et air d'Armide ; Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Hippolyte et Aricie, air de Thésée "Puisque Pluton est inflexible" ; Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) : Médée, cantate pour voix, un dessus et la basse continue ; André Campra (1660-1744) : Le Carnaval de Venise, extraits. Anna Reinhold, mezzo-soprano. Guilhem Worms, baryton basse. Ensemble Il Caravaggio, direction : Camille Delaforge. Sablé-sur-Sarthe. Centre Culturel. 23-VIII-2017. Orient-Occident : dialogue des musiques chrétiennes, juives et musulmanes autour de la Méditerranée. Avec Orit Atar, voix (Israël) ; Waed Bouhassoun, voix, oud (Syrie) ; Katerina Papadopoulou, voix (Grèce) ; Haïg Sarikouyoumdjian, duduk (Arménie) ; Driss El Maloumi, oud (Maroc) ; Hakan Güngör, qanûn (Turquie) ; Dimitri Psonis, santur, moresca (Grèce) ; David Mayoral, percussions (Espagne). Hespèrion XXI, direction : Jordi Savall.






Carnets sur sol

6 juin

Échos de mai

Note de service Les commentaires sur la première partie du mois d'avril-mai se trouvent ici . Je tente une nouvelle forme, plus économe en temps. Je me suis essayé à de rapides esquisses à la sortie des concerts – non plus globales, mais attachées à quelques détails, assez la philosophie que je peux me faire du commentaire de spectacle, une collection de petits événements, d'évidences jusque là masquées… (plutôt que d'établir si le chef est un génie / un imposteur / un routinier ou si la soprane a un bon professeur de chant) Depuis le printemps, je publie donc en temps réel (pendant les ouvertures à l'italienne ou les arias à colorature, ça fait passer le temps[1 ]) une poignée d'impressions après le concert, via le compte Twitter attaché à Carnets sur sol. Et je me dis que c'est au moins aussi intéressant que les impressions globales que je donnais, en résumé global : le format et les circonstances en rendent la rédaction moins soignée, mais ce sont des détails plus précis qui affleurent, sans chercher à parler de tout. Je retrouve la philosophie des tentatives, jusqu'ici toujours un peu frustrantes, d'écrire des instantanés sous le calendrier annuel de septembre, ou bien de nourrir aléatoirement Diaire sur sol . Par ailleurs (et surtout), comme ces babillages sont déjà écrits, ils me libèrent du temps pour préparer des notules sur des sujets moins éphémères et superficiels, s'il est possible, que mes impressions de spectateur. Je n'hésiterai pas à ajouter des précisions avec de petites flèches. → Oui, de très petites flèches ! Essayons. Comme pour le planning du mois, les avis sur l'intérêt du format sont appréciés. -- [1] Avant de recevoir des messages d'insultes de visiteurs de passage, je précise l'absence de sérieux de la pointe. Et je dois reprendre (très doucement, c'est toujours suffisant) de plus en plus souvent mes voisins qui traitent leur messagerie pendant les concerts… il faudra vraiment que les salles se mettent à faire des annonces là-dessus. A. Disques et bandes Sur le modèle des Carnets d'écoutes, une petite liste succincte d'enregistrements écoutés au fil des jours (très loin d'être exhaustive, juste au gré de ma fantaisie), comme je n'ai plus le temps d'en faire proprement pour CSS. Ça peut toujours donner des idées ou des envies. Ça se trouve ici . B. Concerts et représentations 18 mai Hugo / Dumas : musiques de scène de Louis-Alexandre Piccinni. Bibliothèque Marmottan à Boulogne-Billancourt. Le fil complet sur Twitter . ♦ Une arrivée tout juste à temps à la bibliothèque Marmottan de Boulogne pour La Tour de Nesle d' A. Dumas et Lucrèce Borgia de V. Hugo avec leurs musiques de scène ! ♦ Longtemps crues perdues, tout juste retrouvées, les musiques de Louis-Alexandre Piccinni, petit-fils illégitime de Niccolò, en réduction : ♦ Flûte, violon, violoncelle, piano. Écrit à l'origine pour un orchestre complet. ♦ Ce sont des ponctuation très courtes, destinées à appuyer un moment de théâtre, sans être non plus spectaculaires (du mode majeur inoffensif). ♦ C'est agréable, mais témoigne une fois de plus du retard constant de la musique sur les esthétiques littéraires : ♦ le Werther de Pugnani fait du Haydn, les mélodrames de Dumas et Hugo du Beethoven de jeunesse, de même Baudelaire par Godard ou Duparc… → Voyez la notule consacrée au Werther de Pugnani , musique écrite au XVIIIe siècle ! ♦ Sur scène, la démesure et les coïncidences hénaurmes des situations font sourire, mais finissent par fonctionner. ♦ L'équivalent de ces gros films spectaculaires auxquels on finit par adhérer contre toute raison. ♦ Tout cela dans le cadre d'un colloque co-organisé par le @cmb_v sur les musiques de scène. ♦ J'en ai profité pour discuter avec deux doctorants et les interroger sur l'absence de scandale de Meyerbeer – → en 1830, voir un héros fils du démon culbuter une abbesse damnée sur l'autel d'une sainte tout en dérobant une relique, ça me paraissait raisonnablement suffisant pour susciter une réaction, au moins dans la presse catholique. Et pourtant, que des éloges sur la hardiesse des décors, le pathétique de la situation, la variété de la musique, la prégnance des atmosphères… rien sur la moralité de l'exercice. ♦ Même en province, l'accueil à Robert le Diable fut triomphal, sans beaucoup de réserves morales. ♦ D'après mes interlocuteurs, c'est que la masse critique de jeunes romantiques était déjà suffisante pour peser sur l'accueil des autres. ♦ Je ne suis pas complétement satisfait par la proposition, mais c'est une autre piste qui s'ajoute aux miennes, pas si nombreuses à être satisfaisantes (et sans nul doute moins étayées). → Voir la notule détaillée sur la question. ♦ Tout cela confirme que 1) Dumas c'est rigolo (admirable, il ne faut pas pousser) ; 2) décidément pas fanatique des Hugo en prose. ♦ Le grand affrontement avec d'Este est une accumulation minutieuse de toutes les ignominies, c'est l'interminable gibet de L'Homme qui rit. ♦ Pour une version restituée, remarquez que les comédiens voulaient garantir l'accent italien des noms et prononçaient donc… Férraré. #perdu 19 mai Tchaïkovski – Eugène Onéguine – Decker, Netrebko, Abrahamyan, Schwarz, Manistina, R.Gímenez, Černoch, Mattei, Tsymbalyuk. Opéra Bastille. Fils Twitter sur l'œuvre et sur l'interprétation ♦ Retour d'Onéguine : que de détails subtils qui fourmillent dans cette parition et qu'on n'entend vraiment qu'en salle ! ♦ C'est le paradoxe Tchaïkovski, tellement simple à écouter et tellement sophistiqué à la lecture. → Ce serait un autre sujet de notule… ♦ Rien que le début, et tous ces thèmes folklorisants très intuitifs sont en réalité farcis de chromatismes et modulations. ♦ En salle, c'est l'occasion de relever certains détails comme les alliages de bois à l'unisson dont il raffole : ♦ dans les symphonies, c'est plutôt clarinette-basson (profondeur), ici hautbois-clarinette, ce qui procure un halo vibrant au hautbois. → Voyez par exemple ce commentaire pour la Sixième Symphonie . ♦ Autre détail, lorsque Tatiana indique Onéguine sans le nommer (он) dans le tableau de la lettre (I,2), ♦ apparaît le motif de son refus (нет! нет!) dans le dernier tableau. ♦ Ou la jalousie de Lenski, exprimée par un court motif hautbois puis cor, qui revient lors de la supplication d'Olga en cor puis hautbois. → (acte II, tableau 1 – l'anniversaire de Tania) ♦ Pour le fil sur l'œuvre, c'est là : twitter.com/carnetsol/stat… Pour la soirée de Bastille, c'est ici (y étaient également quelques compères…). → Laupéra ; → Polyeucte-Erik (je veux le même prénom !) ; → ThéâToile (pas pour ThéâToile , mais on ne va pas chipoter). ♦ Je veux Edward Gardner comme directeur musical ! Déjà formidable dans la Première Symphonie avec le @nationaldefce ou au disque dans Walton, ♦ il imprime ici une palpitation et une intensité permanentes, sans jamais se départir d'une forme de maîtrise et de hauteur. \o/ ♦ Vraiment un enchantement de tous les instants dans une œuvre aussi riche orchestralement ; ♦ dans l'acoustique exceptionnelle de Bastille pour les orchestres, on ne s'alarme plus trop des petits sémaphores vaguement sonores là-bas. ♦ Fort bons d'ailleurs, Mattei sonne très bien, avec de beaux graves (les sol 1 de son ensemble d'entrée !) et une superbe stature scénique. ♦ Quel contraste avec Tézier qui grommelait ses sons magnifiques dans son coin ; Mattei charismatique, ardent et distant comme son personnage. ♦ La voix de Netrebko est devenue large et très assurée pour un rôle d'innocente timide (sans parler du bronzage glorieux quand le livret la décrit récurremment comme notablement pâle), mais les aigus s'illuminent remarquablement, ♦ et comme la diction de tous est inaudible dans le hangar à bateau, ça passe très bien dans ces conditions. (On ne la dirait pas russe…) ♦ Mon chouchou Černoch paraissait contraint, pas du tout radieux comme dans Rusalka dans les mêmes lieux, j'étais un brin déçu. ♦ Et quelques autres petits plaisirs, les quatre bois solos magnifiques (et un basson à la française aux aigus de cor anglais !), ♦ Gardner qui laisse claquer les timbales avec des têtes dures, de très beaux ralentissements en connivence avec Netrebko… 20 mai Nielsen, R. Strauss, Ravel, Stravinski par le Capitole, Crebassa et Sokhiev. Philharmonie de Paris. Le fil se trouve ici . ♦ En route pour la musique de scène d'Aladdin de Nielsen, pour l'une des pièces majeures d'Oehlenschläger, le grand dramaturge danois. ♦ C'est lui qui transcrit dans le paysage danois, en quelque sorte, l'esprit des Schlegel et de Goethe. @philharmonie ♦ Surpris, à la lecture, de constater qu'Ibsen a beaucoup emprunté à son Håkon Jarl pour sa meilleure pièce, Les Prétendants à la couronne. ♦ Auteur aussi d'une belle pièce sur le Corrège. ♦ Outre Ibsen, on dit qu'il a influencé Scribe ; je n'ai jamais pu vérifier si Hugo l'a lu, mais indéniablement une parenté d'aspirations. ♦ Il est très peu joué et quasiment pas traduit, mais une fréquentation de qualité, à laquelle la musique de scène de Nielsen rend hommage. ♦ La musique de scène complète, enregistrée par Rozhdestvensky (chez Chandos), n'est pas extraordinaire, la Suite fait l'affaire (mais c'est mieux lorsqu'elle est donnée avec chœur ad libitum). ♦ Quelques grands moments bien sûr : le dialogue hautbois-basson de la Danse hindoue qui évoque la Symphonie n°4, la dévastation des prisonniers façon n°5, et l'extraordinaire marché persan polytonal. ♦ Je me suis demandé pourquoi, @ONCT_Toulouse , dans le final de l'Oiseau, les altos et violoncelles en homophonie tiraient-tiraient ♦ pour les uns et tiraient-poussaient pour les autres. Vu le niveau hallucinant, pas une simple divergence des chefs de pupitre ? Pour le reste, toujours cet engagement impressionnant chez cet orchestre. Pourtant je n'ai pas tout à fait sombré dans la douce hystérie de l'extase musicale, justement parce que cette perfection un peu « internationale » n'a pas autant de saveur pour moi que les petites tensions, les petits accidents d'une formation plus modeste, ou que des couleurs très typées. C'était magnifique néanmoins. J'en avais aussi touché un mot sur Classik : Je ne suis pas étonné que Xavier n'aime pas Aladdin, et j'ai trouvé plus de limites à la pièce en vrai qu'au disque, j'en conviens (notamment à cause des basses toujours un peu épaisses chez Nielsen, contrebasses très mobiles mais ça manque d'assise au bout du compte). Néanmoins c'est une très belle œuvre, tirée d'une musique de scène pour Oehlenschläger, le passeur de Goethe au Danemark et le modèle du jeune Ibsen – qui s'est servi du Håkon hin Rige comme de canevas pour ses Prétendants à la Couronne, une de ses meilleures pièces à mon avis. Bref, il faut le voir comme de la musique scénique, et dans ce cadre, je trouve que son pouvoir évocateur est assez puissant. Par ailleurs, il y a quelques moments de bravoure comme le marché polymodal, même s'il manquait le chœur ad libitum (et j'ai trouvé, ici comme à plusieurs reprises dans le concert, que les trombettes-trombones-tuba écrasaient un peu le reste du spectre, par moment, surtout dans une salle où les cordes sont statutairement défavorisées). C'est quand même remarquablement consistant pour un hors-d'œuvre, par rapport aux jolies ouvertures qu'on nous sert parfois. Pour l'amplification, je m'empresse de préciser que Marianne Crebassa n'en a absolument pas besoin, et que du même endroit, on l'entendait très bien auparavant. Mais là, ce son très global qui semblait sortir des murs du parterre (simultanément à l'émission du son) était très suspect. J'étais apparemment assez seul à l'avoir remarqué (en revanche, un autre spectateur m'a dit qu'il y avait eu de la sonorisation manifeste pour l'Orfeo des Arts Florissants…), et la Philharmonie m'a répondu catégoriquement que non, seuls les récitants étaient sonorisés. C'est étrange, dans la mesure où les instruments traditionnels du concert Savall avait aussi été sonorisés, et où j'avais entendu entendu Crebassa, même salle, mêmes places, de façon très projetée, mais sans cette impression qu'elle a des bouches dans les murs. Vous voyez, vous voyez, je parle déjà comme Maeterlinck… Je ne suis pas pleinement convaincu (et ça m'a vraiment gêné, pas à cause de la sonorisation, mais du résultat moins net qu'auparavant), mais je ne veux compromettre la réputation de personne, donc je ne conteste pas leur réponse (avant plus ample mesure, du moins). 27 avril Qui a tué la bonne à la tâche ? Spectacle de la classe théâtrale (Emmanuelle Cordoliani) des étudiants en chant du CNSM. Salle Maurice Fleuret. ♦ Épatant spectacle au @CnsmdParis autour de la domesticité : beaucoup de très beaux ensembles rares (Le Docteur Miracle de Bizet, Reigen & Miss Julie de Boesmans…), ♦ .@CnsmdParis avec certains de mes chouchous (la subtile M. Davost, le tellurique E. Fardini), et de très belles découvertes (les mezzos !). → Je vois au passage, dans le nouveau programme de l'Athénée, qu'Edwin Fardini obtient un récital entier, au même titre que Marianne Crebassa ou Stanislas de Barbeyrac, j'avais confiance en son avenir (les voix graves aussi maîtrisées, et aussi sonores, sont rares !), mais je suis enchanté de le voir se concrétiser aussi vite. ♦ Déjà vu A. Charvet en photo, mais pour les deux autres, je vais mener l'enquête, il manque un nom dans le programme. Bientôt sur CSS. → Après enquête : j'avais donc particulièrement aimé le tempérament d'Ambroisine Bré. La voix est un peu douce, pas forcément très grande projection, mais un scène de la scène évident et une très belle musicalité. ♦ Deux heures sans entracte habitées de bout en bout, dans une exploration littéraire et musicale suggestive et très complète ! @CnsmdParis ♦ Ah oui, et c'est redonné aujourd'hui : conservatoiredeparis.fr/voir-et-entend… , à 19h. Deux heures d'explorations réjouissantes ! 28 avril Marais – Alcione – Moaty, Desandre, Auvity, Mauillon, Savall Salle Favart. J'ai déjà évoqué les sources et les logiques du livret , l'italianité et le préramisme de la musique, mais pas encore sa tendance au drame continu romantique ni les représentations elles-mêmes. Sur Twitter : ♦ Jamais vu de chœur au Concert des Nations de Savall (l'Orfeo ne compte pas vraiment). Apparemment ad hoc, excellent français ! #Alcione ♦ Une des choses étonnantes, à Alcione, était que Jordi Savall, qui bat sur le temps, dirigeait aussi tous les récitatifs. Inhabituel. ♦ La Marche des Marins d'Alcione de Marais a vraiment des parentés étonnantes avec Auprès de ma blonde (exactement la même époque). Au chapitre des surprises, les solistes (Hasnaa Bennani et Marc Mauillon, du moins), chantaient dans les chœurs. Quelle surprise fulgurante que d'entendre la partie de Mauillon (partie de taille, naturellement moins exposée dans les chœurs que les dessus et basses…) faire tonner les contrechants des chœurs infernaux, à l'acte II ! Sinon, globalement, un spectacle qui ne m'a pas démesurément enthousiasmé : la salle de l'Opéra-Comique n'a pas la meilleure acoustique du monde (un peu étouffée) et surtout la scène sans cadre choisie par Louise Moaty laissait les voix se perdre… Cyril Auvity ou Sebastian Monti étaient inhabituellement fluets vocalement, alors que ce soit d'excellentes techniques assez glorieuses pour ce répertoire. Metteurs en scène, vraiment, avoir un mur de renvoi n'est pas un accessoires, ça change tout pour faire porter la voix, et donc l'émotion, des interprètes. Et sans doute pour leur confort vocal – donc pour leur liberté scénique. Néanmoins, alors qu'il s'agit de l'une des tragédies en musique d'avant-Gluck que j'aime le moins, d'assez loin, je ne me suis pas ennuyé un seul instant et y ai enfin trouvé des clefs d'écoute. 9 mai Récital de la classe d'ensemble d'ensembles vocaux du CNSM : Pelléas, Chabrier, les Cendrilon. Salle Maurice Fleuret. Voir le fil . ♦ Ce soir au @CnsmdParis : ensembles vocaux tirés des Cendrillon d'Isouard, Viardot, Massenet (duo et scènes du premier tableau du III), plus Pelléas (fontaine et souterrains !) et L'Étoile de Chabrier (quatuor des baisers). ♦ Vous avez eu tort de ne pas venir… Je suis encore tout secoué de ce Pelléas de Marie Perbost, Jean-Christophe Lanièce et Guilhem Worms… au disque, le piano paraît mince, ♦ .@CnsmdParis mais dans une petite salle, le piano de Damien Lehman en révèle toutes les aspérités rythmiques et harmoniques… quel voyage ! ♦ (et puis le plaisir plus superficiellement narcissique d'avoir eu raison contre un prof du CNSM sur une question de chronologie) #NonMais 11 mai Récital de la classe de lied et de mélodie de Jeff Cohen au CNSM Salle d'orgue. Rituel annuel pour moi, l'événement qui m'a rendu indéfectiblement fidèle au CNSM… entendre d'excellents techniciens vocaux pas encore abîmés par les violences de la scène, accompagnés par de vrais accompagnateurs inspirés (et pas leur chef de chant perso ou le pianiste soliste à la mode), dans des programmes variés et souvent originaux. Pour le lied et la mélodie, c'est très rare. ♦ Et puis ce sera @CnsmdParis . Pas de #MarrecProtégés ce soir (et un nouveau venu), mais quel programme ! Nuits persanes de Saint-Saëns , Fables de La Fontaine de Caplet, Songs of Travel de Ralph Vaughan Williams… ♦ Superbe découverte d'Olivier Gourdy, les Nuits Persanes incluaient les mélodrames de Renaud, et Pierre Thibout (1 ,2 ) toujours aussi prégnant ! → Les Nuits persanes sont une orchestration / réorganisation des Mélodies persanes de Saint-Saëns, son plus bel ensemble de mélodies. Ici jouées avec piano, mais dans l'ordre du poème symphonique, et avec les parties déclamées sur la musique et les interludes (réduits pour piano). Olivier Gourdy est un enchantement : une voix grave radieuse et maîtrisée, pas du tout ces beaux naturels frustes qu'on rencontre si souvent dans ces tessitures (l'aigu est très bien bâti, ici). Ses extraits du Winterreise étaient assez forts, et assez exactement calibrés pour ses qualités expressives. 12 mai Bizet – Les Pêcheurs de Perles – Fuchs, Dubois, Sempey, ON Lille, Alexandre Bloch Au TCE. C'était le rendez-vous du tout-glotto parisien – ce qui, en raison de mes mauvaises fréquentations, ne m'a que fort peu laissé le loisir de rédiger quoi que ce soit. J'ai été tout à fait enthousiasmé par la direction d'Alexandre Bloch : chaque récitatif est ardent, l'accompagnement pas du tout global et un peu mou, mais au contraire calqué sur le drame, tranchant, expansif. Et une gestion des libertés rythmiques des chanteurs qui montre un grand talent de fosse. Le National de Lille n'est pas l'orchestre le plus joliment coloré du monde (toujours un peu gris), mais il compense totalement par cette énergie, en faisant des Pêcheurs un drame palpitant plutôt qu'une jolie carte postale (extrême-)orientalisante. Côté glottologie : ¶ Julie Fuchs gère remarquablement l'élargissement de sa voix, sans sacrifier la diction ni la couleur, avec beaucoup de naturel – je ne me figure pas le travail gigantesque que ce doit être pour passer aussi promptement des coloratures les plus légers à de vrais lyriques. ¶ Cyrille Dubois est un peu limité par la puissance, mais la qualité de la diction est, là aussi, très bonne. Je trouve qu'il ajoute un peu de patine à sa voix, la projette moins franchement, pour semble un peu plus lyrique, mais rien de bien méchant. Et les glottophiles purulents (pourtant très nombreux dans la salle) ont grandement acclamé son air malgré la nette rupture vers le fausset de sa dernière phrase. Si même les glottophiles-héroïques se mettent à s'intéresser à l'essentiel, le monde peut peut-être être sauvé. ¶ Agréable surprise chez Florian Sempey, dont j'ai déjà eu l'occasion de dire qu'il incarnait assez exactement une façon de (bien) chanter que je n'aime pas, du tout : voix trop couverte (ce qui abîme la diction, aplanit son expression et limite sa projection), une seule couleur vocale, nuances dynamiques très limitée (du mezzo-piano au forte, pas beaucoup plus), postures de fier-baryton assez univoques… Pourtant, dans le rôle payant de Zurga, qui a depuis toujours – comme en atteste ceci , gribouillé alors que je n'avais pas dépassé ma vingtième année… – attiré mon plus grand intérêt, je remarque au contraire qu'il fait l'effort de moins couvrir le haut de la tessiture, ce qui réinsuffle de la couleur et limite les aigus. D'une manière générale, le personnage, sans disposer d'une gamme de nuances infinies, fonctionne bien, pas du tout de frustration cette fois-ci, même si je pourrais citer des dizaines d'autres titulaires plus à mon gré (et moins chers). Schadenfreude assumé : Sempey fait une grosse contre-note (à vue d'oreille un la, un si bémol, quelque chose comme ça, d'un peu exceptionnel pour un baryton) à la fin d'une pièce collective (il faut que je réécoute la bande pour redire laquelle)… il prend la pose et attend les applaudissements… tandis que le public, qui n'est pas sûr de devoir applaudir à chaque numéro, hésite et ne se décide pas. C'était cruel, parce qu'il réalisait vraiment un joli exploit, mais j'avoue que j'étais assez content qu'il ne soit pas récompensé pour étaler de la glotte pure. (Très beau succès aux saluts au demeurant, et assez mérité.) Très belle soirée, et en réécoutant cette œuvre (celle que j'ai le plus vue sur scène, je m'aperçois, à égalité avec le Vaisseau fantôme et Così fan tutte !), je suis une fois de plus saisie par l'absence absolue de superflu : tout est marquant, intense, inspiré, pas une seconde ne paraît un pont simplement nécessaire, un petit remplissage statutaire. Peu d'œuvre ont cette densité en mélodies incroyable, cette variété de climats, tous superlatifs, qui s'enchaînent. Même dans les airs, souvent le point faible en la matière, rien à moquer – « Me voilà seule dans la nuit » est même à placer au firmament de tous ceux écrits. C'est encore le duo d'amour que je trouve le moins renouvelé. Elle est revenue en grâce, j'ai l'impression, après une éclipse dans les années 70 à 2000 avec l'internationalisation du répertoire, et cette fois-ci en grâce à l'échelle du monde… Ce n'est que justice, je ne vois pas beaucoup d'opéras français du XIXe siècle de cette constance – que ce soient les tubes comme Faust ou les gros chefs-d'œuvre comme Les Huguenots. Et particulièrement accessible avec ça. 15 mai Debussy – Pelléas et Mélisande – Ruf, ONF, Langrée Au TCE, avec Petibon, Bou, Ketelsen – et Courcier, Brunet, Teitgen. ● Réaction sans ambiguïté sur Autour de la musique classique : DavidLeMarrec a écrit : Pour l'instant, étrangement, ça ne m'a toujours pas bouleversé en salle… [...] Non, même Braunschweig, c'est vraiment l'œuvre qui ne prend pas. Au piano (alors que je n'aime pas Pelléas au piano d'ordinaire) ça passait bien mieux lors d'extraits entendus mardi au CNSM… c'est assez étrange. Je tâcherai de me placer au-dessus de la fosse pour profiter de l'orchestre, au TCE, on verra si ça change quelque chose. En effet. Je suis sorti complètement euphorisé de l'expérience, chantant les répliques des cinq actes dans le désordre dans les rues parisiennes… Distribution vraiment parfaite pour les six principaux, orchestre incroyablement intense, mise en scène sobre, adaptée au lieu (angles de vue réduits), pas mal vue… et puis la musique et le texte, toujours immenses. C'était une orgie du début à la fin. Je ne veux plus jamais écouter de musique, voilà, c'est fini. La conversation se poursuit : ● [Bou] J'étais étonné qu'il chante encore Pelléas à ce stade de sa carrière, alors qu'il fait beaucoup de rôles de barytons graves, voire de basses baroques. Donc j'étais enchanté de l'entendre : et le côté très mâle de la voix est compensé sur scène par son allure juvénile – j'ai totalement acheté le côté postadolescent. Pour les aigus, c'est vrai, c'est étonnant, la voix est magnifique et extraordinairement épanouie dans les aigus, jusqu'au sol 3, très facile, sans aucune fatigue… mais les sol dièses sont difficiles, presque escamotés, et les la 3 ratés en effet. Mais honnêtement, je m'en moque… ces la ne sont pas forcément des points culminants, et le second, amené par une phrase entière en fausset, s'intègre très honnêtement au reste. ● [Ketelsen] La voix perd en impact lorsqu'il chante fort, se plaçant plus en arrière et couvrant beaucoup, mais sinon, c'est vraiment du cordeau. Hier soir, un mot manquant (pas le seul, pas mal de décalages, Petibon et Teitgen, surtout – quelques-uns vraiment évident, mais sinon, difficile de faire autrement, sur scène dans cette œuvre) et un déterminant changé (« le » au lieu de « mon », quelque chose comme ça…), c'est tout. Diction immaculée, vraiment digne d'un francophone, voix franche… un peu sombre pour mon goût personnel, mais vraiment au-dessus de tout reproche, et très convaincant, même physiquement dans son rapport à la mise en scène. ● [Petibon] J'aurais cru que tu n'aimerais pas ces sons droits (à un moment, elle fait même un son droit qui remonte, à la manière des « ah ! » de la tragédie lyrique ), mais oui, tout est très maîtrisé. J'aime moins la voix que Vourc'h, mais en salle, elle m'a plus intéressé, comme plus libre – possiblement parce que j'étais beaucoup plus près. C'est vrai qu'elle chante le rôle depuis longtemps, en plus (j'ai une bande au NYCO au début des années 2000, avec piano). Elle a beaucoup mûri sa voix et son personnage (pas aussi intéressant à l'origine, évidemment). ● Pour moi, on peut déjà considérer, si on ne regarde pas aux quelques notes manquantes chez Bou ou décalées chez les autres, qu'on est dans la perfection, si on considère le résultat. Souvent, il y a un chanteur un peu moins bon (ici, c'était Arnaud Richard en berger et médecin, ce n'était pas bien grave), quelque chose qui ne prend pas. Non, vraiment pas ici. Et l'orchestre était l'un des plus beaux que j'aie entendus dans l'œuvre, peut-être même le plus beau, le plus intense, le plus détaillé. Ou sur Twitter , avec peu de détail mais une petite #PelléasBattle avec plein de citations. ♦ Ce soir. Pelléas. @TCEOPERA . Ce n'est pas ma fauuuuute ! (C'est quelque chose qui est plus fort que moi.) ♦ « Et la joie, la joie… on n'en a pas tous les jours. » @TCEOPERA #RandowStyle ♦ Mais tout est sauvé ce soir. Quelle musique, quel texte, quel orchestre formidable ( @nationaldefce ), quel plateau parfait ! ♦ Même la mise en scène de Ruf, très sobre, bien conçue pour ce théâtre, fonctionne parfaitement. Et Langrée respire l'expérience partout. ♦ Assez hystérisé ce soir ; et déjà une demi-douzaine de notules en vue sur plein de détails. \o/ #PelléasRulz ♦ Complètement euphorisé, je chante les répliques des cinq actes dans le désordre dans les rues de Paris… ♦ Yniold exceptionnel, déjà, et tous les autres aussi, à commencer par l'orchestre. Ce hautbois solo, ce cor anglais, ces cors, ces altos ! ♦ @OlivierLalane @ChrisRadena L'illusion était remarquable : à côté, même Julie Mathevet, c'est Obraztsova ! ♦ @guillaume_mbr Il faut dire que le V est toujours un peu tue-l'amour, et que Langrée réussit paradoxalement plus de continuité dans lII,4 que le IV,2 ! ♦ Mais même au V, la séquence de Golaud insoutenable, et cet ut dièse majeur final dont on voudrait qu'il ne finît jamais ! ♦ Hou-là, hier soir, le compte du @TCEOPERA ressemblait à mon journal intime ! pic.twi pic.twitter.com/bwcfK5Pr9R ♦ Pelléas, c'est un comme les épisodes de Star Wars, farci d'Easter eggs pour les fans… le nombre d'autoréférences discrètes, incroyable. ♦ Et les fans sont tout aussi fanatisés, bien sûr. Avec raison. (Pas comme avec le poète du dimanche Wagner.) ♦ Bien, je vous laisse, je dois arranger mes cheveux pour la nuit. (Pourquoi avez-vous l'air si étonnés ?) 24 mai Mahler, Symphonie n°2, Orchestre de Paris, Daniel Harding. À la Philharmonie de Paris. Une conversation a eu lieu sur Classik : Au chapitre des anecdotes, A. Cazalet a couaqué, pané et pigné tout ce qu'on voudra, comme quoi être méchant n'est pas gage de qualité artistique. (Je dis ça je dis rien.) Après Cologne, passage par la Philharmonie, donc. J'ai beaucoup aimé la conception de Harding, des cordes très mordantes (j'aime beaucoup dans l'absolu, mais c'est véritablement salutaire dans cette salle où elle sont statutairement défavorisée), des détails très lisibles, une battue bien régulière et un tempo rapide. C'était même un peu droit à la fin, sans ruptures de métrique spectaculairement audibles, mais très beau néanmoins sur l'ensemble du parcours – de loin le plus beau premier mouvement que j'aie entendu, peut-être même en incluant disques et bandes. Seule petite frustration très évitable : l'orgue distrait trop à la fin, et couvre le chœur, ça enlève l'impression d'apothéose patiemment bâtie et se fond mal avec le reste. Par ailleurs trop fort, pas adroitement registré, ça ne fonctionnait pas et empêchait de s'intéresser simpement à la fin – un peu comme ces percussions exotiques que tout le monde regarde au lieu d'écouter la musique… Mais enfin, c'était excellent, le moelleux des trombones (et du tuba, on n'a pas tous les jours de beaux tubas !), le hautbois solo très présent, les fusées de cordes extraordinairement nettes, l'impression d'un ensemble vraiment engagé, d'une progression permanente… J'ai trouvé l'orchestre encore meilleur que sous Järvi. Et l'œuvre, je n'en dis rien parce que ceux qui vont poster dans ce fil ou le lire l'ont tous dans l'oreille, mais c'est bien beau tout ça. Sur l'orgue spécifiquement : J'ai trouvé ça étonnant aussi, mais à mon avis c'est difficile à régler dans cette salle (sur le côté du second balcon de face, j'entendais clairement plus l'orgue d'une oreille que d'une autre), et surtout ça tient à l'instrument de type néoclassique : il n'y a pas l'épaisseur d'un bon Cavaillé-Coll, c'est tout de suite translucide, des sons blancs qui traversent l'orchestre et se fondent mal. D'une manière générale, de toute façon, je n'aime pas ces ajouts d'orgue dans les finals : ça détourne l'attention, et ça prive finalement de l'essentiel (pour quelques pauvres accords plaqués qui figurent déjà dans l'orchestre et le chœur…). Le moment où l'humanité du chœur advient, on nous met une grosse bouse au timbre complètement distinct par-dessus, et entrecoupée de silence, difficile de rester dans la musique. Donc ce n'est pas tant la faute de Harding à mon avis, mais ce n'est pas pire que si mon voisin avait un peu gigoté à ce moment, ça ne ruine pas non plus un concert. 25 mai Motets de Buxtehude, Bernier et Telemann par Françoise Masset. À Saint-Saturnin d'Antony ♦ Mission Françoise Masset

Jordi Savall

Jordi Savall (août 1941) est un musicien catalan espagnol, violiste, violoncelliste et chef de chœur, dont le répertoire s'étend de la musique médiévale à celle du XIXe siècle en passant par la musique de la Renaissance et baroque. Il s'est marié à la soprano espagnole Montserrat Figueras en 1968.



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